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Rencontre Transnationale des Représentants Des Travailleurs de la Branche Ascenseurs Paris 15-19 Octobre 2001 Bourse du Travail de Saint Denis

Les enjeux de la mondialisation Intervention de Jean-Luc RIGAIL
Délégué syndical Cgt Otis France.

  • Les inégalités se creusent et la pauvreté progresse. (tableaux)
  • Les investissements directs à l'étranger (IDE) et les Fusions/Acquisitions. (documents)
  • La France acteur majeur des flux des IDE
  • L'argent des entreprises françaises en 2000 (document) Ressources, utilisations, évolutions.

Avec le soutien de la Communauté Européenne

Rôle et stratégie globale des multinationales
Si la mondialisation est une réalité quotidienne pour les travailleurs de l'ascenseur, aussi, on doit se demander qui décide et qui va décider à l'avenir des règles sur ce marché global ?
Jusqu'à aujourd'hui, les formes prise par la mondialisation n'ont pas été dictées par la nature ni par la technologie ni par les peuples.
Ces formes sont pensées par des idéologues libéraux au service des seules entreprises transnationales (STN) toutes puissantes pour être imposées aux gouvernements et aux citoyens de la planète.

L'économie capitaliste qui domine le monde, montre de grande capacité d'adaptation et d'évolution. Pour dominer, elle continue de créer de dangereuses inégalités.
Aujourd'hui la mondialisation transforme en profondeur les relations entre le capital et le travail. Si notre planète produit de + en + de bien, on compte de + en + de femmes et d'hommes qui meurent de faim, de maladie, de guerre,

Les grands groupes - dont les fusions/acquisitions, les investissements en R&D et les réorganisations des forces productives mobilisent des sommes colossales- exigent de vastes marchés pour amortir leurs dépenses.
Ces dépenses font appel aux capitaux privés ou collectifs (banques, fonds de pension,) et demande des soutiens économiques (fonds publics) et des soutiens politique des Etats puissants (diplomatie et armée).

La puissance financière impose ses prélèvements rentiers sur le travail, sur les marchés financiers et sur le Tiers Monde par le maintien de la Dette.
Cette puissance financière poursuit sa domination en imposant ses critères de gestion -c'est la gouvernance d'entreprise- dont le rendement financier se fait sur le dos de l'emploi et de la sécurité.
Les flux de capitaux, la part 'des placements à l'étranger' et leurs exigences loin de pacifier le monde sont des leviers pour dominer les pays fragiles et pour la conquête des marchés.

Les STN poursuivent la mise en place d'institutions politiques et juridiques pour accélérer leur expansion et offrir de nouvelles perspectives aux masses financières. Les STN veulent une liberté totale :

  • Pour les flux de capitaux et garanties sur retour -c'est le FMI
  • Pour la circulation des biens et des services, la marchandisation de tous les aspects de l'existence humaine -c'est l'accord sur la propriété intellectuelle et la négociation sur les services à l'OMC.
  • Pour les investissements- c'était l'AMI.

Par ces traités, les STN veulent abolir le droit des gouvernements et des citoyens à décider, maîtriser et contrôler un développement durable.

A ce sujet une parenthèse s'impose.
Depuis le drame du 11 septembre on assiste à un retournement spectaculaire des chantres du marché : ces allergiques de la régulation implorent, aujourd'hui, le soutien et l'action de l'Etat
De tous les pays, les gourous du tout libéral semblent oublier leur dogmes du libre jeu de la concurrence, tous mettent entre parenthèse les impératifs de la rigueur budgétaire pour que les gouvernements subventionnent massivement les secteurs touchés, débloquent des crédits d'urgence et que les Banques Centrales injectent des milliards de dollars.

Les organisations de territoire ou de zones sont des facteurs de choix stratégique de développement et de domination car de ces bases est organisée la pénétration des autres territoires.Les STN utilisent les opportunités offertes par le territoire mais s'opposent à leurs règles de régulation et organisent la mise en concurrence des salariés.

La construction Européenne -par exemple- répond aux exigences des marchés et de la concurrence en niant le plein emploi et un volet social. Cette construction Européenne ignore le respect de l'environnement, le codéveloppement et les besoins de coopérations avec les autres régions du monde pour garantir la paix.

Les STN ont une vision très centralisée de leur management stratégique où la démocratie a peu de place.
Leur gestion mondiale, les fusions, la standardisation, …. se mènent sur un fond de guerre économique dont le coût social est exorbitant et à la seule charge des travailleurs et de collectivités.

La recherche et l'utilisation des technologies nouvelles, comme le changement du système productif et le transfert de production ne répondent qu'à des exigences de profitabilité.

Enjeux pour le mouvement syndical

A ce jour,
Ni les institutions territoriales élues,
Ni le syndicalisme n'ont les moyens de faire un véritable contrepoids à la toute puissance des STN et de la mondialisation qu'elles mettent en place.

Dans le monde du travail et dans le mouvement syndical ou associatif le débat se poursuit en même temps que des exigences des travailleurs se font jour et que des propositions s'affirment.

  • Doit-on en rester aux discours libéraux-conservateur selon lequel la mondialisation est un processus inéluctable, positif à terme pour les travailleurs, les peuples et au nom duquel il faut tout accepter : la confrontation économique, financière, sociale ? Faut-il au nom de la compétitivité impérative, accepter les politiques de rigueur qui légitiment la baisse du coût du travail, chômage, précarité, abandon des garanties collectives, … ?
  • Doit-on se limiter à critiquer les excès, négocier des régulations sociales rendant acceptables les choix des STN et substituant à la notion de normes celle de label social ?
  • Ne doit-on pas saisir l'ampleur des enjeux pour le mouvement syndical de s'approprier cette nouvelle dimension des forces productives et définir des stratégies et objectifs revendicatifs adaptés ?
  • Ne doit-on pas, aujourd'hui construire un rapport de force sur son lieu de travail, dans son cadre national mais aussi dans son cadre régional et international ?

Pour répondre aux besoins de solidarité, de coopération, de dialogue et d'action dans cet espace neuf, le mouvement syndical à des atouts par l'universalité même de son concept fondateur : l'organisation collective pour l'émancipation et la défense des travailleurs.